Andropause
Ouardirhi Abdelaziz
L’andropause, voilà un sujet dont on parle très peu, ou que nous sommes nombreux à esquiver sciemment, surtout dans notre société où la force, la virilité de l’homme même aux âges avancés ne saurait être remise en question.
Pourtant l’andropause, qui est un déficit de testostérone, hormone masculine produite par les testicules, touche de nombreux hommes à partir de la cinquantaine. Longtemps minorée, elle est devenue une préoccupation majeure pour ceux qui en souffrent, qui n’osent pas en parler, qui restent désemparés et silencieux. Andropause. On fait le point.
C’est quoi l’andropause ?
L’andropause, ou syndrome de déficit en testostérone (SDT), se caractérise par un ensemble de signes cliniques et biologiques causés par une baisse progressive de la production d’androgènes, dont la testostérone, à partir de 50 ans, ce qui est normal avec l’âge. Les hommes atteints de SDT ont des taux de testostérone plus bas que la normale, ce qui peut avoir des incidences sur l’état général, tant physique que psychologique.
Quels sont les symptômes de l’andropause ?
Il n’y a pas un signe, mais plusieurs qui peuvent coexister, parmi lesquels il convient de signaler :
Érections matinales plus rares, troubles de l’érection, moins rigides, moins nombreuses, des éjaculations retardées, diminution de la libido, du désir sexuel.
Diminution de la capacité à mener une activité physique vigoureuse (par exemple, courir, soulever une charge lourde, pratiquer un sport intense).
Diminution de la densité des os. Irritabilité, perte de motivation, de confiance en soi, fatigue, tristesse, voire dépression.
Ces symptômes ne sont pas spécifiques de l’hypogonadisme masculin lié à l’âge (HMLA), mais lorsqu’ils sont associés à un taux anormalement bas de testostérone, ils la caractérisent et aboutissent à une diminution significative de la qualité de vie.
Un phénomène progressif et inégal
Contrairement à la ménopause chez la femme, l’andropause chez l’homme est un phénomène progressif, inégal d’un homme à l’autre, et loin d’être systématique. Seuls ceux qui présentent à la fois un taux de testostérone anormalement bas et des symptômes gênants peuvent être considérés comme réellement touchés.
Il faut savoir que tous les hommes ne sont pas concernés par l’hypogonadisme masculin lié à l’âge, et que seule une minorité d’hommes, souvent après 60 ans et plus, l’est. Selon plusieurs études, entre 2 et 6 % des hommes âgés seraient concernés par ce déficit hormonal lié à l’âge. Ce pourcentage augmente avec le grand âge.
Par ailleurs, les patients qui présentent des maladies chroniques comme l’obésité ou le diabète de type 2 sont plus exposés à la baisse de testostérone. Le mode de vie joue également un rôle : le tabagisme, la sédentarité ou une activité physique insuffisante, une consommation excessive de boissons alcoolisées semblent accélérer très significativement la chute de la testostérone dans le sang.
Osez en parler
Quand survient et s’installe l’andropause, de nombreux hommes ne savent pas exactement ce qui se passe dans leur corps. Cette situation s’explique par le manque d’informations sur ce sujet, par l’ignorance totale de nombreux citoyens qui n’ont pas accès à l’information. C’est aussi vrai en ce qui concerne l’insuffisance ou carrément l’absence de sensibilisation des hommes âgés.
De ce fait, les hommes atteints d’andropause souffrent très souvent en silence, ne sachant quoi faire, à qui se confier sur un sujet sérieux, mais que certains considèrent comme tabou, hchouma, et nombreux sont ceux qui préfèrent le plus souvent taire ou étouffer ce trouble, se murer dans un silence comme si le vieillissement masculin devait se vivre dans la discrétion.
Un tel comportement peut avoir des effets sur la vie intime, sur la sexualité et même sur la vie professionnelle de celui qui est concerné par l’andropause.
La meilleure attitude à adopter face à l’andropause, c’est de consulter un médecin pour en parler, car plus tôt le problème est identifié, mieux il peut être pris en charge.
Des solutions efficaces existent ?
Pourquoi faire compliqué, se priver d’une approche susceptible de mieux vivre son andropause ? Il n’y a rien de honteux à en parler, des solutions existent pour gérer l’andropause, qui est une transition naturelle liée au vieillissement. Les solutions incluent l’adoption d’une meilleure hygiène de vie (alimentation équilibrée, activité physique régulière, réduction de l’alcool et du tabac, gestion du stress), ainsi que des suivis médicaux et, si nécessaire, des traitements spécifiques après consultation d’un professionnel de santé.
En effet, s’agissant de l’approche diagnostique et thérapeutique, c’est un domaine strictement réservé au corps médical, au médecin traitant, qui peut être un spécialiste en urologie ou un endocrinologue.
Si le médecin prescrit un traitement, celui-ci fera l’objet d’une surveillance médicale, d’un suivi strict en raison d’éventuelles contre-indications ; le médecin place toujours la sécurité de son patient en tant que priorité.
Il est fondamental d’éviter l’automédication et les potions magiques qui poussent comme des champignons sur les sites, les réseaux sociaux, des produits dont on ignore le contenu, les origines, mais qui comportent des risques graves pour la santé. La balle est dans votre camp, il vous suffit juste d’oser en parler
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